CHEVERNY 2007 ............................................................................................. accueil course
| Le 17 mars 2006 Passé la ligne d'arrivée au tour de Rennes pédestre, des larmes de douleur ne cessent de couler. mon récit fait réagir Patrick marathonien et médecin isotopiste, il me demande de lui téléphoner sans attendre. Quatre jours après, alors que les radios n'ont rien décelé, avec ses images, Patrick, me demande de ne plus courir quelques semaines, mon 5ème métatarse du pied droit a deux zones franchement « abimées » . Au passage, il dit clairement que le 100km n'est pas physiologique, il me demande doublier définitivement cette « folie ». Une fois hors de sa vue, les larmes reviennent, cest juste que mes deux objectifs de lannée ne sont plus, le marathon et le 100km de Chavagnes, dailleurs jamais je ne deviendrais cent-bornard. Les 1er et 2 avril 2006 Nous sommes une petite bande à aller de Bretagne à Cheverny. Cétait prévu depuis très longtemps alors le coureur ne sera plus que le « coach » et sera là pour la convivialité, le plaisir dêtre avec ses amis, ses copains quil entraine. En plus des gars que je coache plus ou moins Momo, Patrice, Alain , viennent courir deux énormes personnalités de mon club, Dédé et Béa ; malgré leurs nombreux podiums, ils restent des coureurs simples. Christelle, lépouse de Momo, Dominique, le mari de Béa, Maël, lainé de Dédé, Valérie la copine de Patrice nous accompagnent. Du samedi midi au soir cest franchement sympathique, Thierry alias El Diablo nous reçoit comme des princes, ses amis de lorganisation ont énormément de travail mais ils savent en toutes circonstances rester disponibles et souriants. Stéphane qui fait partie de mon équipe « sur Internet » nous rejoint à la Pasta et il a la surprise dun gateau danniversaire avec lorchestre et toute la salle qui chante « Joyeux anniversaire ». Dimanche 9h du matin Cest le départ du marathon que javais durement préparé, trop durement vu la fracture de fatigue, placé dans la voiture de tête, je ne verrais que les premiers marathoniens. Au 15ème, je descends de la voiture pour pouvoir encourager les copains, quest-ce que cest dur de boîter, de se sentir diminué et de se dire sans cesse, « cest parmi eux que je devrais être en train de courir. » On approche de midi, les 3 heures de course, je suis sur la ligne darrivée et je nai pas vu passer stéphane, jattends et je vois arriver momo, juste après 3h01 de course. Il y avait du vent contre sur la fin et cétait dur. Encore des larmes, pourquoi, je ne sais pas, cest confus, la déception pour stéphane, pour momo pour moi qui nai pas pu courir. Pour autre chose, un peu intime. Ce week-end avec mes amis a été formidable, je me promet de revenir dans un an. Voici ce que je disais : "un vieux cheval se reposant à l'écurie aspire à galoper des milliers de kilomètres" citation approximative d'un écrit de C. CAO écrivain chinois Le 23 Septembre 2006 Après deux mois dintense préparation, je termine les 100km de Millau en 12h32, jai beaucoup marché et je suis frustré, je voulais tant courir et courir et un peu marcher mais pas trop. le 18 mars 2007 Passé la ligne darrivée au tour de Rennes pédestre, cest le bonheur davoir fait une séance à allure marathon, dans une aisance totale avec des échanges avec mon ami Patrice, la complicité, nous lavions déjà du temps du Judo. Cette année encore, il remet çà, avec Valérie ils viendront à Cheverny. Jeanlou et Jilali ont aussi fait cette course à lallure spécifique marathon. Nous avons reconstitué une sacrée équipe, celle qui sentraine ensemble les samedis et dimanches depuis des années, celle qui a fait La Rochelle en 2004 et Paris en 2005. Jilali a été cité dans mon mémoire lors de mon examen dentraineur niveau 2. Avec eux, jai progressé en tant quentraineur et cest évident quil faut plusieurs années de confiance réciproque pour faire de belles choses ensemble. Deux semaines avant le marathon, mon travail mamène sur Clichy, cest loccasion de diner avec Karim (Zyend) berrichon exilé à Paname qui fait partie de léquipe Internet et qui fait leffort de venir jusquà Rennes pour faire les championnats de cross dans léquipe de notre club. Karim est un gars entier, quand il court, cest à fond, quand il poste sur les forums, son phrasé déchire et quand il te serre la paluche cest un peu comme quand nous étions judokas, le premier contact physique cest la main qui se referme sur le judogi et après on sait Le hasard des rencontres : karim et charlie nés à Châteauroux, grandes gueules, anciens judokas, crossmen et marathoniens. Le WeekEnd, je reviens à Rennes et jai le bonheur de faire des sorties avec mes amis, Jeanlou, Jilali, Patrice et le dernier dimanche, un petit nouveau est venu avec nous, Thierry le « débutant », une paire de marathons à son actif et le dernier en 3h13. Dernière semaine avant le marathon à Clichy Le boulot mempêche de courir, je ne peux sortir quun seule fois vingt minutes le mardi soir. Cest le monde à lenvers, dhabitude, cest le jour sans course que je dois trouver. Les journées sont bien remplies, mais pas de course, une nuit avant de mendormir, je zappe et à la télé passe « fauteuils dorchestre ». Ce film ma réellement surpris, dabord, alors que je devais mendormir pour être prêt à affronter une dure journée, je me fais « piégé », scotché à lécran jusquà la fin, jadore lhistoire de cette provinciale qui cotoie des illustres personnages comme un concertiste, une vedette de série TV, un richissime collectionneur Doit on évaluer sa richesse, sa célébrité, sa gloire ou bien doit on vivre dans le bonheur qui ne peut pas lui être quantifiable en euros, mediamat, autographes Voilà, où je voulais en venir,à ce week-end de pur bonheur. Il y a des moments, je me dis que cest parce que le demi-siècle dexistence arrive à toute vitesse que je cherche à répondre à pleins de questions et à une vraie question : - Suis-je marathonien ? - Suis-je cent-bornard ? - existe-je à travers le regard des autres ? - suis-je quelquun de bien ? - comment me voient mes amis ? - comment mestiment mes enfants ? - continue-je à maméliorer ? - suis-je orgueilleux ? - suis-je prétentieux ? - suis-je casse-c à poser ces questions ? - suis-je sage ? qui suis-je ? sûrement, un être complexe, doué de capacités dadaptation, triste parfois quand je me sens impuissant, que des événements insupportables sont pourtant là à portée de nos yeux ou à portée des caméras. Je ne suis plus furieux, je ne milite plus, je voudrais que les jeunes prennent le relais des révolutionnaires résignés. Et, je vis, je cherche et je trouve le bonheur. Ma femme, mes enfants, mes amis sont là. Samedi 31 mars 6h, jouvre un il, pas possible de me rendormir, alors après un bol de café, comme dhabitude, scrutation de ma boite aux lettres, il y a bien sûr des messages de mes athlètes, ceux qui vont faire Paris, Nantes et Cheverny. A me promener sur les forums, jen oublie lheure, rapidement jouvre le logiciel de lecture des courbes de FC et je note sur mon assistant numérique personnel les différentes FC (Fréquences Cardiaques) au 1er, 2ème, 3ème kilo puis en vitesse de croisière. Il est temps daller place Ste Anne pour le rendez-vous. Tous les copains sont là, je suis le dernier, on me signale que je boite un peu comme si jétais fatigué. Que nenni, jai une pêche denfer. Ce ne srea que dans quelques années que je basculerai dans le 100% entraineur et 0% coureur. La bande à momo, venant de Noyal-Pontivy (Morbihan) viendra de son côté, du nôtre, ce sera à deux voitures. Les grégoriens dans une (courir à st grégoire, jeanlou,jilali,valérie,patrice,henri) le JA Melesse de lautre (dédé,thierry,loïc fils de dédé et moi) cest un hasard. Dans la voiture, nous discutons sur la différence entre les associations et les clubs FFA, on retrouve des objectifs différents et bien sûr des niveaux dentrainements et des chronos en conséquence. Notre club, la JA Melesse a été plusieurs fois championne de France de marathon par équipe avec plusieurs gars en moins de 2h30. Trois heures plus tard, 12h, nous voilà arrivés au village marathon. Thierry a encore plein de boulot, il ne pourra déjeuner que plus tard, alors en attendant, notre groupe va se promener vers le Château et faire le dernier kilo en sens inverse. De retour au village, cest lapéro, cest un peu comme dans fauteuils dorchestre, cest la rencontre avec un grand, très grand monsieur de la course à pied : Pascal Fétizon accompagné de son papa. Pascal et Dédé se sont déjà plusieurs fois rencontrés sur les marathons et les cross, ils se serrent la main. Là dessus, je serre la main du champion et celle de son papa en faisant référence à des connaissances communes. Pascal a fait les stages dentraineur hors stade FFA avec Christian et Jacqueline Delerue qui sont les dirigeants de notre club. Lentraineur de Pascal est Bruno Heubi que je cotoie sur le forum ADDM et aussi rencontré dans la vraie vie (stage entraineur et Millau 2006). Nous déjeunons ensemble et cest loccasion déchanger sur les chronos récents, les championnats, Dédé et Pascal ont fait le cross vétéran à Vichy. Pascal est champion de France en titre de Marathon en plus davoir été champion du monde de 100km et dêtre encore le détenteur du record de France en 6h23. Pour moi qui suis un modeste coureur et qui devrais courir à Chavagnes en paliers bientôt, un repas à discuter entrainement, capacités, mental, stratégie de course sur 100km cest bizarre pour dautres mais pour moi cest du bonheur. Après les dossards, 15h , discussion avec ceux du marathon de Cognac, puis visite du château et des jardins. 17h Passage à lhébergement à Blois, nous faisons un footing de décrassage pour effacer le voyage en voiture. Mes mollets sont toujours durs. 20h, Le soir, avant dentrer à la pasta, ce sont les retrouvailles avec Stéphane, Mounir, Karim, Céline sa compagne, Christophe (chjou2) et Valérie son épouse. Avec chjou2, nous nous sommes à peine vus à Millau; sur ce coup, je suis en face du cent-bornard quil est devenu et nous pouvons faire plus amples connaissances. Nous sommes tous des champions, Cagouille enchaine 100km en 14h, marathon en 4h30 et 100km en 4 semaines, cest con, je le répète mais cest son truc. Mounir vient de casablanca, juste pour une pasta avec les copains. Demain, Dédé essaiera daller vite vers les 2h30, de remonter peut-être sur le podium comme lannée dernière. Momo devra gratter 2 pour descendre sous les 3 heures, il est prêt pour 2h55. Les joyeux anniversaires et happy birthday to you résonnent. Mounir constate que lannée prochaine la 7ème édition sera le jour de son anniversaire, il prend date. Mes amis boient raisonablement. Un copain à la table na pas lair de voir de limite à la descente de Cheverny. Tout est tellement sympathique, la soirée passe comme un éclair, comme un flash de numérique. Nous retournons au logement et là je prépare mes bouteilles de ravitaillement personnel. Dédé, sans faire exprès me fait un compliment, il dit que je lui rappelle Christian, cest vrai que notre président de club et entraineur préféré, cest lui : Christian. Quand je presse mes oranges, que je verse le jus dans des bouteilles où il y déjà le miel, cest une recette qui me vient de lui. Quand je prépare mes athlètes, quand je leur fait des plans, que je dose avec tant de vma, tant de régénération, tant dallures variées, tant de spécifique ce ne sont plus des recettes mais les ingrédients et les doses sont bien inspirées de ce quon a vécu et couru au club. Dédé ne sait plus combien il a couru de marathons, peut-être cinquante, certains ont été le résultat du travail du coach. Encore en référence à fauteuils dorchestre, Christian était le chef dorchestre et Dédé son premier violon, je nétais pas là, même pas dans la salle à admirer les virtuoses. Dimanche 1er avril 2h50 du matin, jouvre lil, cest un peu tôt pour se lever, cest pas mal comme chrono ! (rendors toi) 4h19 jouvre lil, cest pas mal, jattends un peu, puis jentends dédé bouger je lui dis on y va ? Dans le hall nous croisons un pote de momo, Patrice dADN, ce sera aujourdhui son premier marathon, il ne dort pas et profite de notre sortie pour aller prendre lair. Nous trottinons tranquilement dans une direction, sans savoir où aller et au bout de 15 nous revenons. Là je constate que mes mollets sont souples. Du bonheur. Lavantage de cette petite sortie, nous pourrons, à louverture de la cafétéria, manger avec un peu dappétit. 5h30, alors que les grégoriens dorment encore, nous faisons la connaissance dun ancien footeux qui a remplacé just Fontaine à Reims et habite Paris désormais mais se déclare Breton-Champenois quand il apprend que nous venons du bout de la terre. Cest le gars qui a connu toutes les gloires sportives de son époque, Michel Jazy par exemple et lui sest découvert tard marathonien.Cest marrant, sans plus. Alors que mes copains se réveillent, je maccorde une mini-sieste vers 6h00, je fais un rêve, cest mon jour, je bats dédé sur le marathon. En effet, quand je me réveille, dédé somnole encore, si jétais parti sans lui, je laurais battu !!! Toute notre troupe de bretons rend les clés et nous partons vers Cheverny. Pour certains le stress est visible, visage pâle, pour les vieux de la vieille, pas un soupçon dinquiètude, lenvie den découdre avec la distance mythique est réelle. Il y a trop de certitudes, mais je ne le vois pas. Le rendez vous de CLM devant léglise se transforme en rassemblement trans-forum, un copain dADDM mappelle alors nous posons ensemble, courir en bretagne, courir le monde et au delà du marathon. Cest le seul moment où je cotoierais quelques secondes le chacal et le shadock, Yvon et Hervé. Alors que je voudrais bien me placer sur la ligne car la qualif, cest au scratch, des coureurs rennais me saluent, ils sont super sympas mais il faut que jy aille, jespère quils ne men tiendront pas rigueur. La grille du château souvre et nous allons vers la grande allée où le départ sera donné. Thierry me confie que cest émouvant, il est heureux dêtre là. Il y a quelques années, il marrivait encore de laisser couler une larme sur le départ tellement je trouvais ça beau. Ce 1er avril, ce nest pas de lémotion que je ressens mais je suis content, hilare et je blague avant le coup de pétard. Je demande à une coureuse si elle va gagner pour que je sois à côté delle sur les photos. Elle me dit non, après je crois quelle terminera quand même deuxième. "un vieux cheval se reposant à l'écurie aspire à galoper des milliers de kilomètres" jai envie de galoper, Il ny aura pas de coup de pétard, tout le monde sagite, jen déduis quil faut toper sur mon chrono et je cours. Ma foulée est souple, je ne cherche pas à doubler car je suis bien placé au niveau des ballons de 3 heures. Sortie du parc du château, la route est assez large et le rythme est bon, je vois momo qui est devant et thierry toujours avec moi, je lui dit quil faut coller à son double, tout lentrainement a montré quils étaient synchrones et cétait la stratégie de départ, momo et thierry ensemble longtemps et tranquilles avec si possible des relais en cas de vent. Jeanlou arrive à mon niveau et me fait une tape amicale, plus tard je dirai quil ma mis un main aux f Je ralentis car je suis toujours avec les ballons malgré le fait que je suis très très à laise, comme parfois à lentrainement où sans faire monter la FC, je passais tranquilement à 415 au kilo. Justement premier kilo, je tope : 415. bon je dois ralentir, les ballons séloignent tout doucement. Passage au 2ème, facile, je suis en 430. Bon jen remets un coup car cest trop facile, 3ème kilo : 416 etc aucun kilo ne sera pareil. Il fait beau, dans la petite ville, il y a des spectateurs, je reçois beaucoup dencouragements de valérie, céline, christian Hurson, des bretons, la vie est belle, je me sens bien. Après la petite boucle, nous attaquons la grande boucle à faire deux fois, le bitume est remplacé par du gravilloneux sablonneux, il a dû pleuvoir les jours précédents, les mollets de mes prédécessurs sont tachés. Par moment, je cherche mes appuis, le sol nest pas très plat, tout cela ne respire pas la sérénité, lharmonie. Habituellement sur marathon, quand le rythme se stabilise, la foulée devient automatique, cest celle quon a à lentrainement et on peut, entre guillemets débrancher le cerveau, les capteurs ne servent plus à rien, cest du pilotage automatique, il faut juste rebrancher à chaque ravito, pour ne pas sétouffer en avalant de travers. Tiens justement, après le 5ème, je crie aux bénévoles où sont les ravitos persos, vu quil y a deux côtés. En fait cest à gauche et arrivé devant, il me faut marrêter car ma bouteille est à peine visible. Bon, je bois consciencieusement mon mélange eau+miel+jus dorange tout en courant facile. Cest bon au goût, cest bon pour le moral. Dans cette partie en forêt, jattends toujours le moment où je pourrais courir relâché, il y a des faux-plats montants et descendants, je me crispe en montée et quand jarrive à récupérer, il y a à nouveau une relance. Puis vient un virage à angle droit derrière un piquet, de nouveau du bitume, là je suis toujours dans le tempo entre 423 et 413, cela me semble facile, pourtant je suis sur un tempo de moins de 3 heures sur le bitume et 3h10 sur les chemins, la moyenne cest pile 3h05, le moral est excellent. En fait, je vais abréger, car jusquau 20ème cest essentiellement du bitume et je suis toujours dans le tempo. Après le ravito du 20ème où jai bu une eau glacée, jai mal au ventre, je sais que ça va passer mais jai vraiment trop envie duriner. Arrêt après les stands, pas de changement de roue donc ce sera un pit stop assez rapide environ 30 secondes. Passage au semi en 1h33 pile et le chrono devait être 1h3230 donc jattribue les 30 secondes à la pause technique. Passage dans lallée gravilloneuse du château, dédé nous avait prévenu quon a des sensations bizarres de perte dappui. Cest le cas et cest là que sont postés les photographes pour la belle photo quon pourra commander sur le net. La deuxième féminine me double, puis cest Patrice mon ami qui me dit cela fait longtemps quil est dernière moi. Je suis super confiant car, Patrice a déjà fait 3h05 et il est un coureur très régulier, alors si je reste dans sa roue, nous allons finir ensemble dans les temps. Arrivés au ravito du 25ème, je marrête chercher ma bouteille et puis tant pis, celle là je la prends en marchant. Erreur, cétait un des premiers signes de lassitude, déjà à la sortie du château pour attaquer la dernière boucle, jai couru un moment en fermant les yeux car jen avais marre. Donc, en avoir marre à peine le semi passé, cest mauvais signe. Ce kilo comprenant le ravito, je lai fait en 6, cétait terminé, jai repris en espérant trouver un nouveau souffle et patatras, jai croisé plusieurs gars dans le sens inverse, ils avaient la tête du gars qui abandonne. Parmi eux, il y avait un copain de momo, jai détourné le regard pour quil ne me voie pas, jai déjà vécu ça, cest dur pour un orgueilleux, cest dur le regard des autres, cest dur pour un prétentieux, cest dur pour tout marathonien dabandonner. Dans tout çà, ce qui est dingue, cest quil fait beau, il y a tout pour être heureux, mais voilà, les crampes tarrêtent net. Même pas envie de pleurer, juste mal, mal aux jambes, en même temps aux mollets, aux ischios et aux quadris. Je fais des calculs rapides, si je tourne tranquilement, je peux taper un 3h10, puis darrêts en arrêts car les crampes reviennent, les calculs te disent 3h15 puis 3h20, puis ce nest plus la peine de calculer car les ballons de 3h15 te passent et tous ceux que tu connais te passent. Lenvie dabandonner est réelle. En fait, comme jai un autre objectif en mai, je me dit, termine dans la fatigue et tu te forgeras un mental pour terminer ton 100 bornes, rappelle toi que quand cest ton corps qui commande, tu es faible, quand cest ta tête, tu es fort. Voilà, même en étant à 9 ou 10 km/h, je termine le marathon et je rencontre des tas de gens qui endurent, je fais repartir un gars qui était allongé par une crampe et jen suis fier. Je tape sur lépaule de gens que je connais qui me doublent. Jimmy, me tape dans le dos en me disant, « Charlie, ça me fait plaisir de te voir ! ». Comment fallait il le prendre ? Au niveau du 38ème, je fais une grande pause au stand gastronomique, je nai pas envie du rouge et je goute à la bière de Sologne en mangeant des tartines de chèvre cendré et de crème ail et fines herbes. Alainpages meneur dallures en 3H45 me salue, il fait son boulot et ne peut pas sarrêter trinquer avec moi. Jilali me rejoint et nous terminons ensemble. Il est sympa mon ami mais pendant les 4 kilomètres fait ensemble, il na pas arrêté de parler, le temps est passé plus vite. Dans laire darrivée, jai cherché les copains, jai compris que je nétais pas seul à avoir explosé. Quand jai découvert que tous les chronos sauf un étaient plus bas que bas, cela a été très dur. Pour certains, sur le coup cétait affreux. Tous les gars que jentraine vont se mettre à gamberger, déjà Karim qui était bénévole à larrivée ne comprend pas, lui qui a par deux fois fait des chronos superbes après avoir suivi scrupuleusement mes plans. Il y aura encore un paquet de gars à courir à Paris et à Nantes, il faut que je leur explique ce qui sest passé. Malgré çà, avec Stéphane, nous avons mangé de son gateau danniversaire offert par le marathon et nous avons avons décapsulé des bouteilles de bière. Aujourdhui après trois nuits de repos et de récupération, jespère sincèrement que tous les maratoniens ont recouvert la pêche. Jeanlou ma envoyé ses remerciements, il a passé un moment formidable dans notre groupe. Momo a déjà fait lanalyse de son erreur, il a promis à Stéphane qui se remet aussi quils finiront ensemble une autre course. Dans quelques mois, nous remettrons çà. Pour ma part, je serai moins prétentieux, le demi-siècle arrive à grand pas, il serait temps que je massagisses. - Suis-je marathonien ? oui - Suis-je cent-bornard ? presque - existe-je à travers le regard des autres ? un peu quand même - suis-je quelquun de bien ? - comment me voient mes amis ? - comment mestiment mes enfants ? ils mont dit bravo quand je suis rentré à la maison - continue-je à maméliorer ? je ne sais pas mais je vais mentrainer pour - suis-je orgueilleux ? oui - suis-je prétentieux ? oui et cest con - suis-je casse-c à poser ces questions ? oui mais ça me fait avancer - suis-je sage ? pas encore Ce Week End a été du bonheur pour moi, jai de nouveau partagé des moments forts avec des amis, jai rencontré des gens simples et chaleureux, des marathoniens, des cent-bornards et je me suis retrouvé un peu, jai galopé comme un jeune cheval et je vais continuer tant que cela me donnera autant de plaisir. "
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![]() Groupe rennais : henri, patrice, charlie, jeanlou, valérie, thierry, jilali, dédé
Promenade dans le jardin, momo et thierry ont eu une prépa qui a révélé des allures identiques à l'entrainement.
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![]() Pascal Fétizon a de nouveau gagné ce marathon.
Crédits photos : Christelle Le Mercier, Loïc Sicot, Valérie Le Bidan, Charlie Le Hoangan, Jilali Zitouni.
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