CHEVERNY 2007 ............................................................................................. accueil course

Le 17 mars 2006
Passé la ligne d'arrivée au tour de Rennes pédestre, des larmes de douleur ne cessent de couler. mon récit fait réagir Patrick marathonien et médecin isotopiste, il me demande de lui téléphoner sans attendre. Quatre jours après, alors que les radios n'ont rien décelé, avec ses images, Patrick, me demande de ne plus courir quelques semaines, mon 5ème métatarse du pied droit a deux zones franchement « abimées » . Au passage, il dit clairement que le 100km n'est pas physiologique, il me demande d’oublier définitivement cette « folie ». Une fois hors de sa vue, les larmes reviennent, c’est juste que mes deux objectifs de l’année ne sont plus, le marathon et le 100km de Chavagnes, d’ailleurs jamais je ne deviendrais cent-bornard.

Les 1er et 2 avril 2006
Nous sommes une petite bande à aller de Bretagne à Cheverny. C’était prévu depuis très longtemps alors le coureur ne sera plus que le « coach » et sera là pour la convivialité, le plaisir d’être avec ses amis, ses copains qu’il entraine. En plus des gars que je coache plus ou moins Momo, Patrice, Alain , viennent courir deux énormes personnalités de mon club, Dédé et Béa ; malgré leurs nombreux podiums, ils restent des coureurs simples. Christelle, l’épouse de Momo, Dominique, le mari de Béa, Maël, l’ainé de Dédé, Valérie la copine de Patrice nous accompagnent.

Du samedi midi au soir c’est franchement sympathique, Thierry alias El Diablo nous reçoit comme des princes, ses amis de l’organisation ont énormément de travail mais ils savent en toutes circonstances rester disponibles et souriants. Stéphane qui fait partie de mon équipe « sur Internet » nous rejoint à la Pasta et il a la surprise d’un gateau d’anniversaire avec l’orchestre et toute la salle qui chante « Joyeux anniversaire ».

Dimanche 9h du matin
C’est le départ du marathon que j’avais durement préparé, trop durement vu la fracture de fatigue, placé dans la voiture de tête, je ne verrais que les premiers marathoniens. Au 15ème, je descends de la voiture pour pouvoir encourager les copains, qu’est-ce que c’est dur de boîter, de se sentir diminué et de se dire sans cesse, « c’est parmi eux que je devrais être en train de courir. »

On approche de midi, les 3 heures de course, je suis sur la ligne d’arrivée et je n’ai pas vu passer stéphane, j’attends et je vois arriver momo, juste après 3h01 de course. Il y avait du vent contre sur la fin et c’était dur. Encore des larmes, pourquoi, je ne sais pas, c’est confus, la déception pour stéphane, pour momo pour moi qui n’ai pas pu courir. Pour autre chose, un peu intime. Ce week-end avec mes amis a été formidable, je me promet de revenir dans un an. Voici ce que je disais : "un vieux cheval se reposant à l'écurie aspire à galoper des milliers de kilomètres" citation approximative d'un écrit de C. CAO écrivain chinois

Le 23 Septembre 2006
Après deux mois d’intense préparation, je termine les 100km de Millau en 12h32, j’ai beaucoup marché et je suis frustré, je voulais tant courir et courir et un peu marcher mais pas trop.

le 18 mars 2007
Passé la ligne d’arrivée au tour de Rennes pédestre, c’est le bonheur d’avoir fait une séance à allure marathon, dans une aisance totale avec des échanges avec mon ami Patrice, la complicité, nous l’avions déjà du temps du Judo. Cette année encore, il remet çà, avec Valérie ils viendront à Cheverny.

Jeanlou et Jilali ont aussi fait cette course à l’allure spécifique marathon. Nous avons reconstitué une sacrée équipe, celle qui s’entraine ensemble les samedis et dimanches depuis des années, celle qui a fait La Rochelle en 2004 et Paris en 2005. Jilali a été cité dans mon mémoire lors de mon examen d’entraineur niveau 2. Avec eux, j’ai progressé en tant qu’entraineur et c’est évident qu’il faut plusieurs années de confiance réciproque pour faire de belles choses ensemble.

Deux semaines avant le marathon, mon travail m’amène sur Clichy, c’est l’occasion de diner avec Karim (Zyend) berrichon exilé à Paname qui fait partie de l’équipe Internet et qui fait l’effort de venir jusqu’à Rennes pour faire les championnats de cross dans l’équipe de notre club. Karim est un gars entier, quand il court, c’est à fond, quand il poste sur les forums, son phrasé déchire et quand il te serre la paluche c’est un peu comme quand nous étions judokas, le premier contact physique c’est la main qui se referme sur le judogi et après … on sait …

Le hasard des rencontres : karim et charlie nés à Châteauroux, grandes gueules, anciens judokas, crossmen et marathoniens. Le WeekEnd, je reviens à Rennes et j’ai le bonheur de faire des sorties avec mes amis, Jeanlou, Jilali, Patrice et le dernier dimanche, un petit nouveau est venu avec nous, Thierry le « débutant », une paire de marathons à son actif et le dernier en 3h13.

Dernière semaine avant le marathon à Clichy
Le boulot m’empêche de courir, je ne peux sortir qu’un seule fois vingt minutes le mardi soir. C’est le monde à l’envers, d’habitude, c’est le jour sans course que je dois trouver.

Les journées sont bien remplies, mais pas de course, une nuit avant de m’endormir, je zappe et à la télé passe « fauteuils d’orchestre ». Ce film m’a réellement surpris, d’abord, alors que je devais m’endormir pour être prêt à affronter une dure journée, je me fais « piégé », scotché à l’écran jusqu’à la fin, j’adore l’histoire de cette provinciale qui cotoie des illustres personnages comme un concertiste, une vedette de série TV, un richissime collectionneur …

Doit on évaluer sa richesse, sa célébrité, sa gloire ou bien doit on vivre dans le bonheur qui ne peut pas lui être quantifiable en euros, mediamat, autographes …

Voilà, où je voulais en venir,à ce week-end de pur bonheur. Il y a des moments, je me dis que c’est parce que le demi-siècle d’existence arrive à toute vitesse que je cherche à répondre à pleins de questions et à une vraie question :
- Suis-je marathonien ?
- Suis-je cent-bornard ?
- existe-je à travers le regard des autres ?
- suis-je quelqu’un de bien ?
- comment me voient mes amis ?
- comment m’estiment mes enfants ?
- continue-je à m’améliorer ?
- suis-je orgueilleux ?
- suis-je prétentieux ?
- suis-je casse-c…… à poser ces questions ?
- suis-je sage ?

qui suis-je ?

sûrement, un être complexe, doué de capacités d’adaptation, triste parfois quand je me sens impuissant, que des événements insupportables sont pourtant là à portée de nos yeux ou à portée des caméras. Je ne suis plus furieux, je ne milite plus, je voudrais que les jeunes prennent le relais des révolutionnaires résignés. Et, je vis, je cherche et je trouve le bonheur. Ma femme, mes enfants, mes amis sont là.

Samedi 31 mars
6h, j’ouvre un œil, pas possible de me rendormir, alors après un bol de café, comme d’habitude, scrutation de ma boite aux lettres, il y a bien sûr des messages de mes athlètes, ceux qui vont faire Paris, Nantes et Cheverny.

A me promener sur les forums, j’en oublie l’heure, rapidement j’ouvre le logiciel de lecture des courbes de FC et je note sur mon assistant numérique personnel les différentes FC (Fréquences Cardiaques) au 1er, 2ème, 3ème kilo puis en vitesse de croisière.

Il est temps d’aller place Ste Anne pour le rendez-vous. Tous les copains sont là, je suis le dernier, on me signale que je boite un peu comme si j’étais fatigué. Que nenni, j’ai une pêche d’enfer. Ce ne srea que dans quelques années que je basculerai dans le 100% entraineur et 0% coureur. La bande à momo, venant de Noyal-Pontivy (Morbihan) viendra de son côté, du nôtre, ce sera à deux voitures. Les grégoriens dans une (courir à st grégoire, jeanlou,jilali,valérie,patrice,henri) le JA Melesse de l’autre (dédé,thierry,loïc fils de dédé et moi) c’est un hasard.

Dans la voiture, nous discutons sur la différence entre les associations et les clubs FFA, on retrouve des objectifs différents et bien sûr des niveaux d’entrainements et des chronos en conséquence. Notre club, la JA Melesse a été plusieurs fois championne de France de marathon par équipe avec plusieurs gars en moins de 2h30.

Trois heures plus tard, 12h, nous voilà arrivés au village marathon. Thierry a encore plein de boulot, il ne pourra déjeuner que plus tard, alors en attendant, notre groupe va se promener vers le Château et faire le dernier kilo en sens inverse.

De retour au village, c’est l’apéro, c’est un peu comme dans fauteuils d’orchestre, c’est la rencontre avec un grand, très grand monsieur de la course à pied : Pascal Fétizon accompagné de son papa. Pascal et Dédé se sont déjà plusieurs fois rencontrés sur les marathons et les cross, ils se serrent la main. Là dessus, je serre la main du champion et celle de son papa en faisant référence à des connaissances communes. Pascal a fait les stages d’entraineur hors stade FFA avec Christian et Jacqueline Delerue qui sont les dirigeants de notre club.

L’entraineur de Pascal est Bruno Heubi que je cotoie sur le forum ADDM et aussi rencontré dans la vraie vie (stage entraineur et Millau 2006). Nous déjeunons ensemble et c’est l’occasion d’échanger sur les chronos récents, les championnats, Dédé et Pascal ont fait le cross vétéran à Vichy. Pascal est champion de France en titre de Marathon en plus d’avoir été champion du monde de 100km et d’être encore le détenteur du record de France en 6h23. Pour moi qui suis un modeste coureur et qui devrais courir à Chavagnes en paliers bientôt, un repas à discuter entrainement, capacités, mental, … stratégie de course sur 100km c’est bizarre pour d’autres mais pour moi c’est du bonheur.

Après les dossards, 15h , discussion avec ceux du marathon de Cognac, puis visite du château et des jardins. 17h Passage à l’hébergement à Blois, nous faisons un footing de décrassage pour effacer le voyage en voiture. Mes mollets sont toujours durs.

20h, Le soir, avant d’entrer à la pasta, ce sont les retrouvailles avec Stéphane, Mounir, Karim, Céline sa compagne, Christophe (chjou2) et Valérie son épouse. Avec chjou2, nous nous sommes à peine vus à Millau; sur ce coup, je suis en face du cent-bornard qu’il est devenu et nous pouvons faire plus amples connaissances.

Nous sommes tous des champions, Cagouille enchaine 100km en 14h, marathon en 4h30 et 100km en 4 semaines, c’est con, je le répète mais c’est son truc. Mounir vient de casablanca, juste pour une pasta avec les copains. Demain, Dédé essaiera d’aller vite vers les 2h30, de remonter peut-être sur le podium comme l’année dernière. Momo devra gratter 2’ pour descendre sous les 3 heures, il est prêt pour 2h55. Les joyeux anniversaires et happy birthday to you résonnent. Mounir constate que l’année prochaine la 7ème édition sera le jour de son anniversaire, il prend date. Mes amis boient raisonablement. Un copain à la table n’a pas l’air de voir de limite à la descente de Cheverny.

Tout est tellement sympathique, la soirée passe comme un éclair, comme un flash de numérique. Nous retournons au logement et là je prépare mes bouteilles de ravitaillement personnel. Dédé, sans faire exprès me fait un compliment, il dit que je lui rappelle Christian, c’est vrai que notre président de club et entraineur préféré, c’est lui : Christian. Quand je presse mes oranges, que je verse le jus dans des bouteilles où il y déjà le miel, c’est une recette qui me vient de lui.

Quand je prépare mes athlètes, quand je leur fait des plans, que je dose avec tant de vma, tant de régénération, tant d’allures variées, tant de spécifique … ce ne sont plus des recettes mais les ingrédients et les doses sont bien inspirées de ce qu’on a vécu et couru au club. Dédé ne sait plus combien il a couru de marathons, peut-être cinquante, certains ont été le résultat du travail du coach. Encore en référence à fauteuils d’orchestre, Christian était le chef d’orchestre et Dédé son premier violon, je n’étais pas là, même pas dans la salle à admirer les virtuoses.

Dimanche 1er avril
2h50 du matin, j’ouvre l’œil, c’est un peu tôt pour se lever, c’est pas mal comme chrono ! (rendors toi) 4h19 j’ouvre l’œil, c’est pas mal, j’attends un peu, puis j’entends dédé bouger je lui dis on y va ? Dans le hall nous croisons un pote de momo, Patrice d’ADN, ce sera aujourd’hui son premier marathon, il ne dort pas et profite de notre sortie pour aller prendre l’air.

Nous trottinons tranquilement dans une direction, sans savoir où aller et au bout de 15’ nous revenons. Là je constate que mes mollets sont souples. Du bonheur. L’avantage de cette petite sortie, nous pourrons, à l’ouverture de la cafétéria, manger avec un peu d’appétit.

5h30, alors que les grégoriens dorment encore, nous faisons la connaissance d’un ancien footeux qui a remplacé just Fontaine à Reims et habite Paris désormais mais se déclare Breton-Champenois quand il apprend que nous venons du bout de la terre. C’est le gars qui a connu toutes les gloires sportives de son époque, Michel Jazy par exemple et lui s’est découvert tard marathonien.C’est marrant, sans plus. Alors que mes copains se réveillent, je m’accorde une mini-sieste vers 6h00, je fais un rêve, c’est mon jour, je bats dédé sur le marathon. En effet, quand je me réveille, dédé somnole encore, si j’étais parti sans lui, je l’aurais battu !!!

Toute notre troupe de bretons rend les clés et nous partons vers Cheverny. Pour certains le stress est visible, visage pâle, pour les vieux de la vieille, pas un soupçon d’inquiètude, l’envie d’en découdre avec la distance mythique est réelle. Il y a trop de certitudes, mais je ne le vois pas.

Le rendez vous de CLM devant l’église se transforme en rassemblement trans-forum, un copain d’ADDM m’appelle alors nous posons ensemble, courir en bretagne, courir le monde et au delà du marathon. C’est le seul moment où je cotoierais quelques secondes le chacal et le shadock, Yvon et Hervé. Alors que je voudrais bien me placer sur la ligne car la qualif, c’est au scratch, des coureurs rennais me saluent, ils sont super sympas mais il faut que j’y aille, j’espère qu’ils ne m’en tiendront pas rigueur.

La grille du château s’ouvre et nous allons vers la grande allée où le départ sera donné. Thierry me confie que c’est émouvant, il est heureux d’être là. Il y a quelques années, il m’arrivait encore de laisser couler une larme sur le départ tellement je trouvais ça beau.

Ce 1er avril, ce n’est pas de l’émotion que je ressens mais je suis content, hilare et je blague avant le coup de pétard. Je demande à une coureuse si elle va gagner pour que je sois à côté d’elle sur les photos. Elle me dit non, après je crois qu’elle terminera quand même deuxième.

"un vieux cheval se reposant à l'écurie aspire à galoper des milliers de kilomètres" j’ai envie de galoper, Il n’y aura pas de coup de pétard, tout le monde s’agite, j’en déduis qu’il faut toper sur mon chrono et je cours. Ma foulée est souple, je ne cherche pas à doubler car je suis bien placé au niveau des ballons de 3 heures.

Sortie du parc du château, la route est assez large et le rythme est bon, je vois momo qui est devant et thierry toujours avec moi, je lui dit qu’il faut coller à son double, tout l’entrainement a montré qu’ils étaient synchrones et c’était la stratégie de départ, momo et thierry ensemble longtemps et tranquilles avec si possible des relais en cas de vent. Jeanlou arrive à mon niveau et me fait une tape amicale, plus tard je dirai qu’il m’a mis un main aux f…

Je ralentis car je suis toujours avec les ballons malgré le fait que je suis très très à l’aise, comme parfois à l’entrainement où sans faire monter la FC, je passais tranquilement à 4’15 au kilo. Justement premier kilo, je tope : 4’15. bon je dois ralentir, les ballons s’éloignent tout doucement. Passage au 2ème, facile, je suis en 4’30.

Bon j’en remets un coup car c’est trop facile, 3ème kilo : 4’16 etc … aucun kilo ne sera pareil. Il fait beau, dans la petite ville, il y a des spectateurs, je reçois beaucoup d’encouragements de valérie, céline, christian Hurson, des bretons, la vie est belle, je me sens bien.

Après la petite boucle, nous attaquons la grande boucle à faire deux fois, le bitume est remplacé par du gravilloneux sablonneux, il a dû pleuvoir les jours précédents, les mollets de mes prédécessurs sont tachés. Par moment, je cherche mes appuis, le sol n’est pas très plat, tout cela ne respire pas la sérénité, l’harmonie.

Habituellement sur marathon, quand le rythme se stabilise, la foulée devient automatique, c’est celle qu’on a à l’entrainement et on peut, entre guillemets débrancher le cerveau, les capteurs ne servent plus à rien, c’est du pilotage automatique, il faut juste rebrancher à chaque ravito, pour ne pas s’étouffer en avalant de travers.

Tiens justement, après le 5ème, je crie aux bénévoles où sont les ravitos persos, vu qu’il y a deux côtés. En fait c’est à gauche et arrivé devant, il me faut m’arrêter car ma bouteille est à peine visible. Bon, je bois consciencieusement mon mélange eau+miel+jus d’orange tout en courant facile. C’est bon au goût, c’est bon pour le moral. Dans cette partie en forêt, j’attends toujours le moment où je pourrais courir relâché, il y a des faux-plats montants et descendants, je me crispe en montée et quand j’arrive à récupérer, il y a à nouveau une relance.

Puis vient un virage à angle droit derrière un piquet, de nouveau du bitume, là je suis toujours dans le tempo entre 4’23 et 4’13, cela me semble facile, pourtant je suis sur un tempo de moins de 3 heures sur le bitume et 3h10 sur les chemins, la moyenne c’est pile 3h05, le moral est excellent.

En fait, je vais abréger, car jusqu’au 20ème c’est essentiellement du bitume et je suis toujours dans le tempo. Après le ravito du 20ème où j’ai bu une eau glacée, j’ai mal au ventre, je sais que ça va passer mais j’ai vraiment trop envie d’uriner. Arrêt après les stands, pas de changement de roue donc ce sera un pit stop assez rapide environ 30 secondes.

Passage au semi en 1h33 pile et le chrono devait être 1h32’30 donc j’attribue les 30 secondes à la pause technique. Passage dans l’allée gravilloneuse du château, dédé nous avait prévenu qu’on a des sensations bizarres de perte d’appui. C’est le cas et c’est là que sont postés les photographes pour la belle photo qu’on pourra commander sur le net.

La deuxième féminine me double, puis c’est Patrice mon ami qui me dit cela fait longtemps qu’il est dernière moi. Je suis super confiant car, Patrice a déjà fait 3h05 et il est un coureur très régulier, alors si je reste dans sa roue, nous allons finir ensemble dans les temps.

Arrivés au ravito du 25ème, je m’arrête chercher ma bouteille et puis tant pis, celle là je la prends en marchant. Erreur, c’était un des premiers signes de lassitude, déjà à la sortie du château pour attaquer la dernière boucle, j’ai couru un moment en fermant les yeux car j’en avais … marre.

Donc, en avoir marre à peine le semi passé, c’est mauvais signe. Ce kilo comprenant le ravito, je l’ai fait en 6’, c’était terminé, j’ai repris en espérant trouver un nouveau souffle et patatras, j’ai croisé plusieurs gars dans le sens inverse, ils avaient la tête du gars qui abandonne. Parmi eux, il y avait un copain de momo, j’ai détourné le regard pour qu’il ne me voie pas, j’ai déjà vécu ça, c’est dur pour un orgueilleux, c’est dur le regard des autres, c’est dur pour un prétentieux, c’est dur pour tout marathonien d’abandonner.

Dans tout çà, ce qui est dingue, c’est qu’il fait beau, il y a tout pour être heureux, mais voilà, les crampes t’arrêtent net. Même pas envie de pleurer, juste mal, mal aux jambes, en même temps aux mollets, aux ischios et aux quadris. Je fais des calculs rapides, si je tourne tranquilement, je peux taper un 3h10, puis d’arrêts en arrêts car les crampes reviennent, les calculs te disent 3h15 puis 3h20, puis ce n’est plus la peine de calculer car les ballons de 3h15 te passent et tous ceux que tu connais te passent.

L’envie d’abandonner est réelle. En fait, comme j’ai un autre objectif en mai, je me dit, termine dans la fatigue et tu te forgeras un mental pour terminer ton 100 bornes, rappelle toi que quand c’est ton corps qui commande, tu es faible, quand c’est ta tête, tu es fort.

Voilà, même en étant à 9 ou 10 km/h, je termine le marathon et je rencontre des tas de gens qui endurent, je fais repartir un gars qui était allongé par une crampe et j’en suis fier. Je tape sur l’épaule de gens que je connais qui me doublent. Jimmy, me tape dans le dos en me disant, « Charlie, ça me fait plaisir de te voir ! ». Comment fallait il le prendre ?

Au niveau du 38ème, je fais une grande pause au stand gastronomique, je n’ai pas envie du rouge et je goute à la bière de Sologne en mangeant des tartines de chèvre cendré et de crème ail et fines herbes. Alainpages meneur d’allures en 3H45 me salue, il fait son boulot et ne peut pas s’arrêter trinquer avec moi. Jilali me rejoint et nous terminons ensemble. Il est sympa mon ami mais pendant les 4 kilomètres fait ensemble, il n’a pas arrêté de parler, le temps est passé plus vite.

Dans l’aire d’arrivée, j’ai cherché les copains, j’ai compris que je n’étais pas seul à avoir explosé. Quand j’ai découvert que tous les chronos sauf un étaient plus bas que bas, cela a été très dur. Pour certains, sur le coup c’était affreux.

Tous les gars que j’entraine vont se mettre à gamberger, déjà Karim qui était bénévole à l’arrivée ne comprend pas, lui qui a par deux fois fait des chronos superbes après avoir suivi scrupuleusement mes plans. Il y aura encore un paquet de gars à courir à Paris et à Nantes, il faut que je leur explique ce qui s’est passé. Malgré çà, avec Stéphane, nous avons mangé de son gateau d’anniversaire offert par le marathon et nous avons avons décapsulé des bouteilles de bière.

Aujourd’hui après trois nuits de repos et de récupération, j’espère sincèrement que tous les maratoniens ont recouvert la pêche. Jeanlou m’a envoyé ses remerciements, il a passé un moment formidable dans notre groupe. Momo a déjà fait l’analyse de son erreur, il a promis à Stéphane qui se remet aussi qu’ils finiront ensemble une autre course. Dans quelques mois, nous remettrons çà. Pour ma part, je serai moins prétentieux, le demi-siècle arrive à grand pas, il serait temps que je m’assagisses.


- Suis-je marathonien ? oui
- Suis-je cent-bornard ? presque
- existe-je à travers le regard des autres ? un peu quand même
- suis-je quelqu’un de bien ? …
- comment me voient mes amis ? …
- comment m’estiment mes enfants ? ils m’ont dit bravo quand je suis rentré à la maison
- continue-je à m’améliorer ? je ne sais pas mais je vais m’entrainer pour
- suis-je orgueilleux ? oui
- suis-je prétentieux ? oui et c’est con
- suis-je casse-c…… à poser ces questions ? oui mais ça me fait avancer
- suis-je sage ? pas encore

Ce Week End a été du bonheur pour moi, j’ai de nouveau partagé des moments forts avec des amis, j’ai rencontré des gens simples et chaleureux, des marathoniens, des cent-bornards et je me suis retrouvé un peu, j’ai galopé comme un jeune cheval et je vais continuer tant que cela me donnera autant de plaisir.

"




la pasta vu d'en haut, il y avait deux services pour 600 personnes environ avec orchestre et bonne humeur


ADDM-BZH et CLM les trois forums ensemble
stéphane sjaubert, yvon le chacal, michel momo, charlie, christophe chjou2, didier, alain pages, jean-louis cagouille, hervé le shadock.


Groupe rennais : henri, patrice, charlie, jeanlou, valérie, thierry, jilali, dédé


podium, seulement en rêve pour nous, dédé était monté dessus l'année dernière.


Déjeuner arrosé de Cheverny


Promenade dans le jardin, momo et thierry ont eu une prépa qui a révélé des allures identiques à l'entrainement.


Henri, jeanlou, valérie et patrice, sans aucune pression


charlie et jeanlou reposent leurs jambes devant l'orangerie où sera la pasta le soir


pasta thierry, El diablo de dos, toujours au boulot, momo, patrice, jean-louis alias cagouille, thierry, henri à l'apéro


patrice, jeanlou pensif, eldiablo confiant pour momo, valérie et mounir veant de Casablanca juste pour des pâtes


Mounir-Casablanca, content d'être avec le team Stéphane-Orléans, Charlie-Rennes, Karim-Paris


les mêmes avec El Diablo


les cousins, à Millau, j'ai découvert que Jean-louis était d'origine vietnamienne comme moi.


Dédé n'est pas un adepte de la descente de rouge la veille du marathon.


C'est vraiment super d'avoir un ravitaillement personnel aussi bien pour les champions que pour les derniers en 5h30, pour ma part ça me dispense de trimballer les gels et je préfère boire mes bouteilles avec mélange eau+miel+jus d'orange.




Jilali au 15ème, foulée facile

charlie-semi.jpeg (139364 octets)
charlie seulement à la fin de la grande boucle et déjà ferme les yeux car il en c...


stéphane le jour de son anniversaire, il a le dossard 42, il court 42 kilomètres et il a tout juste 42 ans.


Henri ne se souvenait pas que c'était aussi dur


Patrice n'est pas au mieux !




Jean-lou termine, il fait beau, c'est déjà ça !


Pascal Fétizon a de nouveau gagné ce marathon.


Dédé a terminé 9ème, le niveau était relevé cette année.


À ce moment, momo, éric et thierry sont ensemble


thierry termine en 3h01'59, c'est quand même 11' de mieux que son ancien meilleur temps.


Mes amis terminent dans la souffrance, cette photo prise par christelle restera dans nos mémoires !

Crédits photos : Christelle Le Mercier, Loïc Sicot, Valérie Le Bidan, Charlie Le Hoangan, Jilali Zitouni.


Christelle, la photographe avec dupont et dupond

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