Millau 2006

crédits photos :


Cet été, 9 semaines d'entrainement spécifique:

En footing j'étais avant à 145 pulsations à 4'50 au kilo sur le plat.

Avec des semaines comportant, des côtes, de la vma, des variations d'allures et beaucoup beaucoup de sorties à descendre mon allure vers 10km/h, ce qui est très dur, j'arrive enfin à tourner longtemps longtemps à 135 pulsations. Ce sera mon allure sur le plat et j'espère tenir le 8km/h sur les bosses le plus longtemps possible avant de marcher.


Plus les semaines avancent et plus je me stabilise à la FC 135 sur le plat. En vacances dans le Luberon, je me cogne des dénivelées entre 4 et 8% tout en restant dans les FC basses. Cela aboutit à des sorties avec 1 heure de montée à 9km/h au début et 8 km/h sur la fatigue d'une sortie longue et la descente à 12 km/h avec des FC toujours basses.


Pour le kilomètrage, je suis pendant cette période autour de 100km/semaine avec deux cycles de montées progressives en quantité et une semaine plus légère.

Pour la vma, je ne fais que des séances de maintien et sur la fin des 500 et des 600 pour un volume de 6km. D'ailleurs le test d'effort 5 jours avant Millau me montre que je suis à 0,5km près à la même vma qu'au printemps.

Comme j'ai un déplacement professionnel à Montréal, j'en profite pour faire le marathon avec arrivée dans le stade olympique à vitesse spécifique 100km. (voir le reportage photo éventuellement )



Vendredi 22/9 le matin à St Grégoire (Ille et Vilaine 5km au nord de Rennes)

passage chez Roger pour charger le vélo, punaise, le vélo va quand même rouler 100kms, il faut du matériel de dépannage au cas où il créverait (le vélo pas mon Roger).

Départ un peu avant 9h

Il y aura 8 heures de route environ; à priori, j'aurais droit de faire la feignasse avec mes chaussettes à varices pour épargner mes petites gambettes. En fait, je fais le premier relais voiture : St Grégoire - le péage de Vitré La Gravelle. On refait le plein d'air dans les pneumatiques, c'est comme dans la course à pied il faut vérifier le matériel et le carburant à l'entrainement et aussi avant la course (chaussures, textiles, alimentation). C'est comme je vous l'avais prédit, Roger prend le relais et ne le lachera qu'à l'hôtel, 50km au nord de Millau.



La Canourgue (Lozère) pas loin des gorges du Tarn

17h30

Dépôt des affaires, je conduis direction Millau pour les dossards.

Au parc des victoires, il y a un peu de monde et je me dirige vers Bruno Heubi, cela fait vraiment plaisir de se serrer la main, de communiquer de vive voix après des années de clavardage via ADDM son forum. il me dit que vincent est juste à côté, et le Mac Toom de me saluer en disant : "charlie j'aime ce que tu écris" j'en suis bouche bée, scotché de constater que je n'ai rien à lui répondre alors que moi-même tant de fois j'ai eu des émotions à le lire. Après coup, rien que ces quelques mots échangés me disent que j'ai déjà eu raison de venir à Millau. Il n'y a pas que de la déconne, des tirages de langue, il y a de la poésie dans certains de nos écrits. il y a des moments de vies qui, je l'avoue arrivent à nous tirer des larmes. Bien sûr, j'ai souvent l'oeil sur mon cardio et sur mon chrono mais bon sang, sans l'amitié, la course serait fade et je ne passerais pas des heures à cavaler et des heures à bosser sur mon PC et analyser les séances des copains. Après Bruno me dit que toutes la bande est à la bière, chouette, ça a été quand même 8 heures de voyage avec 2 petites pauses (carburant une fois et cafétéria une fois "sans frite" une fois) les pauses étaient à l'EAU.

A la buvette, du bonheur, et du bonheur, un gars dit: "tiens voilà un bridé", c'est cagouille, et malgré les photos que j'avais vues, je n'avais pas du tout remarqué que c'est ... presque un cousin, il est moitié vietnamien (moi 7/8 de viet). Nous sommes très étonnés de constater qu'en vrai, les copains ne ressemblent pas toujours aux photos. Bon je vous passe tous les gars et les filles que j'ai rencontrés pour de vrai mais c'est là qu'on se dit qu'il y a plus que du bavardage sur les forums. Sur ce coup là, force est de constater que les trois forums sur lesquels je clavarde sont inégalement représentés.

Normal .

BZH courir en bretagne : il y a patate et moi (nous sommes d'ailleurs les deux à faire partie des 3 forums)

CLM courir le monde un petit paquet quand même (beaucoup à la fois CLM et ADDM)

ADDM Au Delà Du Marathon un trés gros contingent car il y avait des dizaines répertoriés sur le fil "Millau ki is sra".


Après la bière : remarquez que c'est au singulier pour moi, toujours sage ! Alain Pages se joint à roger et moi pour la pasta party, comme presque dans toutes les pastas, les personnes qui nous servent sont très sympas, voilà ma seule remarque tiède sur l'organisation de Millau. Les ravitaillements sur Millau sont superbes avec la gentillesse des bénévoles dont il faut faire la pub.

Après la pasta, avec roger, nous nous installons à une terrasse en face du km99 en même temps qu'un groupe de trois gars. Le monde est petit, je leur serre la main en disant:'' je t'ai reconnu ostéodrome et toi aussi hemerodrome, on s'est déjà vu à Sargé le mans au printemps ! ''


23h allez au dodo

Nuit pas terrible mais quelques phases de sommeil puisque je n'ai pas entendu toutes les 1/2 heures la cloche du village.



Samedi 23/9

Vers 7 heures, lever et cela fait un moment que je me force à me reposer mais que la tête n'arrête pas de passer en revue tout et n'importe quoi. Roger est lui aussi réveillé.
Bon c'est le grand jour, on petit dejeune classique, d'ailleurs j'ai très peu modifié mon régime alimentaire. Il n'y a que les repas de mardi, mercredi, jeudi auxquels j'ai augmenté la part de sucres lents. C'est en somme un régime hyperglucidique léger. De toutes façons, j'ai des bourrelets de graisse qui me permetrraient d'aller jusqu'au bout de la nuit ! (le mardi j'ai fait un test d'effort à l'hopital, mon taux de graisse mesuré avec la pince est 23%) En fait, il nous a fallu nous activer, car dès notre arrivée aux parc des victoires, Roger doit partir pour aller avec les autres vélos à Aguessac où suiveurs et coureurs se rejoignent. C'est avec Eric63 et Alainpages que je rejoint le point de départ.




10h coup de canon

Dès le départ, les conditions météos sont mauvaises, il ne pleut pas mais il fait lourd. Même à l'arrêt sans courir je transpire. Dès le coup de canon, mes pulsations sont très élevées et je pense qu'elles descendront après le stress mais rien ne se passe comme je le pensais et malgré mon allure très prudente c'est trop haut. je m'entrainais à 135 et je suis déjà 10 au dessus.


J'essaye de trouver Patate avec qui je veux faire au moins la première partie de la course pour qu'au changement de chaussure, je vois s'il est plus rapide que moi à changer les wave rider. En dépassant un meneur 13h puis 12h, je crois bien que j'arriverais à choper le 11h mais pas de patate. Heureusement que même en accélérant, je ne rattrape pas Vincent accompagné des gars voulant faire 9h.




Et puis c'est Aguessac, la jonction avec les accompagnateurs, c'est sympa, il fait presque beau !








 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec Eric, nous avons fait quelques kilos ensemble, pour lui aussi c'est une première sur 100 bornes.




Patate et son groupe m'a rattrappé, moi qui croyait qu'il était devant, on reconnaît grelots et roudai !




Rivière sur Tarn, Il commence à crachiner gentiment . Roger met son petit coupe-vent !




Je me sens déjà fatigué, je n'aurais peut-être pas dû faire Montréal à j-13, mes pulses sont trop hautes, c'est pourquoi je lâche le groupe de 11h à ce ravito et pourtant j'avais beaucoup aimé la discussion avec Grelots et j'avais envisagé papoter avec Patate pour préparer le WE suivant à Rennes.


Au 21ème c'est Le Rozier, la vue sur le Tarn est très jolie, cependant comme la pluie est déjà présente, personne n'a jeté un coup d'oeil là:




ni même un coup d'oeil sur Peyreleau, où nous grimperons juste après.




Puis en même temps que le parcours se durcit, il y a des bosses où des gars marchent, les averses deviennent très violentes, par moment on a du mal en prenant la pluie pleine poire car le vent est de face.


Là, c'est la photo de Nathalie qui donne un aperçu de la quantité d'eau qu'on a prend sur la tronche





Je ne pense plus qu'à assurer et surtout ne pas me fixer sur un chrono , j'ai connu des courses où la pluie avait tétanisé mes cuisses et c'était affreux, j'aurais du emporter un cuissard.

Vers 14h juste avant la pause, je pense croiser Patate, arg! j'ai oublié de mettre mes lentilles, je devine que c'est lui; il me salue, c'est bon, le moral est bon, l'échauffement prend fin, nous avons terminé la première boucle qui devait être « gentille », il paraît que c'est dans la deuxième que Millau commence (lire Vincent toumazou son récit est . )



Dans la salle des fêtes, je me change complètement car je suis trempé, les chaussettes et les chaussures sont très lourdes.



Roger a opté pour une tenue très chic !

Il faut dire qu'à vélo, les gars dégustent plus car au moins en courant on se réchauffe.



Avec Roger, après avoir mangé copieusement (deux sandwiches paté vietnamien pour bibi), nous repartons après une demi-heure de pause ! chrono terminado !

 

Voilà donc le moment de s'accrocher, il pleut trop alors l'appareil photo restera dans le sac à Millau. Toute la suite de la course se fera sans photo, c'est fini le tourisme.

 

Dans la première grosse bosse après Creissels vers le viaduc, je ne veux pas marcher , en haut malgré des petits passages à récupérer, j'ai un début de crampe. Là encore ça me calme alors je décide de ne plus forcer en montée et je dois rester dans les FC travaillées à l'entrainement.

 

St Georges de Luzençon, premier ravito de la deuxième boucle où je m'arrête (j'ai zappé Creissels), j'obtiens des secours une crême pour me soulager les entrecuisses en feu, les frottements du short mouillé m'ont attaqué l'épiderme tout autour des cuisses et pas seulement entre celles-ci. Au moins, mes pieds sont nickel; matin et soir pendant une semaine je les avais bichonnés. Dans les différents ravitos, je m'arrête et souvent trop longtemps, dans le faux plat avant d'attaquer la grosse montée de Tiergues, c'est vraiment les vacances et je papote de temps en temps avec d'autres coureurs et coureuses, il y en a avec camel bag, certains auront le bas du dos ravagé par les frottements, d'où le grand avantage d'avoir un panier sur l'avant du vélo, je bois très régulièrement et mes vrais ravitos sont mes gels que je prend tous les 10km. (P...., c'est toute les heures)

 

Dans la montée de Tiergues, par moment, même la marche devient difficile mais au mental, je me dis, c'est la dernière bosse avant St Affrique, après je rentre à la maison.

Là je sais qu'on va croiser la tête de la course.

Enfin, on voit au loin un gars avec plusieurs vélos accompagnateurs, quand on le croise, je vois que ce n'est pas Bruno, mais à 20km de l'arrivée pour eux, rien n'est fait.

Puis je vois le 2ème, le 3ème .... je ne compte plus.

Bruno enfin, je l'encourage mais je sais qu'il ne fait que gérer sa fin de course car il y a trop d'écart et il ne court plus pour la gagne.

Quelques minutes plus tard, c'est stéphane steph35 sur CLM, un copain de Fougères. Ce sera une très belle perf pour lui : à peine un peu plus que 8 heures dans des conditions pas optimales.

 

Un peu plus tard, un gars avec un drapeau sur la casquette apparait, vu que c'est le premier meneur d'allure j'en déduis que c'est un en 9 heures alors je crie, vincent, est-ce toi vincent ?, rappelez vous que je suis bigleux. Il se rapproche et me dit oui c'est moi, on se tape la main : Bon dieu que ça fait plaisir !

 

La montée de Tiergues me semble interminable et pourtant ...

Dans la descente sur St-Affrique, je mets le turbo, je demande à Roger d'aller au ravito pour choper notre sac, je changerai chaussures et short mais je garderai le débardeur.

Comme j'avais bien bossé l'excentrique, pas de bobo dans cette interminable descente et quand j'arrive dans la salle, Roger est surpris de me voir si tôt.

 

Je ressors de la salle avec un mental plus fort que jamais, c'est vrai qu'il ne reste plus que 29 kms et on est à la maison. A peine quelques mètres parcourus et mes chaussures, mes chaussettes, mon short secs sont maintenant trempés, cela fait splocth splotch. P.... dès qu'on quitte le centre, la côte nous force à marcher. Tout est gris, le soir est bien avancé et une partie du retour sur Millau se fera dans la nuit.

La montée de Tiergues dans le sens du retour est interminable, je suis minable, je ne suis pas le seul personne ne fait le fier alors qu'à l'entrainement j'aurais grimpé çà en moins d'une heure, là plus question de regarder le chrono sinon c'est la déprime assurée. Il faut rentrer.

On dépasse le ravito dans la fin de la montée, je ne veux plus m'arréter, je veux rentrer le plus vite possible et il commence vraiment à faire sombre.

La descente vers St Rome de Cernon, je vais la faire faire à fond ... enfin c'est la sensation que j'ai. En fait je suis à 5'50 au kilo.

Toute la suite est presque sans intérêt, ma course dans le noir est bizarre, sans lunette ou lentille, je ne vois que des auréoles quand on rattrape d'autres coureurs ou marcheurs.

Entre St Affrique et Millau, je ne passe qu'à un seul ravito et quand je repars j'ai les cuisses toutes raides. C'est quand même bizarre de se dire: '' après tout c'est bientôt fini puisqu'il ne reste qu'un seule montée celle vers le viaduc et ensuite terminado.

La notion de temps se perd, surtout dans le noir, les jambes tournent, je double et double tous ceux qui trottinent ou qui marchent.

Arrivée dans cette dernière bosse, je marche avec roger à mes côtés et je n'ai aucune émotion.

Avant d'arriver en haut de la côte, j'en ai vraiment marre que ça dure alors je me remets à courir en montant, je peux le faire.

Je cours, je cours, je vois la borne 95 kms, ouah c'est presque fini, je cours vite vite ''euh ptêt à 8km/h'' quelle leçon d'humilité.

Je suis sûr que j'ai passé le km98 je me dis bientôt le bistrot où j'ai pris une bière la veille, et patatras, je vois la marque 98: je pète une durite, je m'arrête, j'en ai marre, je marche et je marche. Roger me dit, allez tu cours le dernier kilo. D'accord, après avoir regardé les lumières de la ville et les millavois qui se promènent, j'arrive enfin à ce km99, j'enclenche les vitesses, j'accélère, j'accélère et j'arrive dans le parc des victoires. Les platanes sont toujours là et ils sont éclairés par des guirlandes, j'entends le speaker qui commente les arrivées au compte goutte.

Enfin je monte sur le podium d'arrivée sur le tapis rouge.

Là, je me sens bizarre, je n'ai aucune émotion.

Je descends et Alain me demande un sourire pour la photo, sourire pas terrible, Patate me demande comment ça va ? Ma réponse: c'est pas pour moi! Je suis limité faché. Il est 22h30 en gros et je suis déçu de ma course.

 

arrivee.jpeg (90058 octets)

Retour à l'hotel avec Roger, nous passons au troquet à côté car j'ai vraiment envie d'une pression.

Dodo mérité.


Dimanche 24 septembre matin, l'autre grand jour,

au réveil, nous sommes frais alors c'est décidé, nous irons à Millau par les gorges du Tarn.

A un moment, il y a un belvédère, je me dis que ce sera dur pour mes petites gambettes fatiguées.

Rien que pour la frime, je décide d'y monter, la vue est splendide



et en fait, la descente des escaliers se fait sans douleur, incroyable car après mes premiers marathons, je ne pouvais descendre les escaliers qu'en marche arrière !



Même pas cassé, le gars, déjà dans ma tête je commence à envisager mon prochain 100 bornes, il me faudra absolument un plat pour ne plus avoir d'excuse pour le chrono, je suis comme ça, une course sur route, je dois la courir à fond de mes possibilités ou sinon, j'appelle ça un footing.

Il ne s'est même pas passé 12 heures entre le moment où je pestais contre ma course et le moment où j'ai déjà décidé de remettre çà!

Depuis, j'ai pas mal repéré mes erreurs (Montréal trop près trop vite, départ trop vite et manque d'entrainement à marcher vite dans les côtes) et je sais pourquoi j'étais déçu, il faut rester humble !


Millau, Camping Larribal, des tables sont recouvertes de bouteilles avec toutes sortes de breuvages, ADDM est devenu ce dimanche Au Delà Des Munitions. (voir album photos là)

C'est la fête des gars et des filles du forum, quel bonheur d'échanger dans la vraie vie, rien que pour ça, l'année prochaine, Marmotton qui était à l'origine de ce rassemblement remettra le couvert et il y aura encore plus de monde sur la photo.




Millau 2006 restera pour moi .....  du Bonheur grace à Bruno, vincent, patate, marmotton, et les autres, bretons ou non, (il y a même un breton qui habite à Nîmes, un autre à Sarlat, un vietnamien dans le Loir et Cher, un pompier dans l'Eure et Loir, des parisiens, des savoyards, un millavois exilé à Arcachon .... )

 

 

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