Vannes, 15 octobre 2006,
C'est ma dernière course sur route pour l'année 2006.
C'était il y a 15 jours, j'ai mis du temps avant de me décider à « coucher sur
papier » mes sentiments flous d'après course. N'y arrivant pas, j'ai fait un bilan,
cela donne une rétrospective de mon année sportive.
En fait c'est une boucle, de Vannes 2005 à Vannes 2006.
Le marathon de Vannes 2005 est loin mais restera longtemps dans ma mémoire.
mi Octobre 2005
Vu que je ne suis pas en forme, je vais accompagner Nad; un an avant il lui fallait
beaucoup plus que 4h pour terminer son marathon, après 6 mois d'entrainement, elle est
passée à 4h05 au marathon de Paris. Sur Vannes elle vise juste en dessous de 4 heures.
C'est amusant de constater que j'ai entrainé des gars pour largement en dessous de 3h et
qu'avec Nad, j'ai analysé chacune de ses séances, j'ai réajusté en permanence ses
allures, elle progressait de jour en jour et ce n'est pas le chrono absolu qui donne la
dimension de son exploit.
Le marathon est une école de patience, certains veulent faire un plan, ils ratent leur
chrono et basta, décrètent que cela ne le fera pas. Ca ne marche pas dès le premier
coup.
Coup de pistolet devant les remparts:
Dès le départ, je n'arrête pas de contrôler la Fréquence Cardiaque de Nad, je sais
exactement où et quand elle aura le droit de monter en pulsations, elle ne le sait pas
encore mais j'ai décidé qu'elle va faire un chrono qui va la placer au niveau régional.
La course est conforme au plan que j'ai concocté, au deuxième passage au port, Momo
décide de nous accompagner jusqu'à l'entrée du stade. Est-ce un signe ? Un an après il
fera en quelque sorte ce pourquoi il est aussi destiné, il accompagnera lui aussi un de
ses poulains et il ira en stage pour devenir entraineur (niv 2 pour les initiés). Pour
conclure cette édition de Vannes 2005, Nad et moi terminons ensemble en 3h46. Le passage
de la ligne est un grand, très grand moment d'émotion, pas besoin de nous dire quoi que
ce soit, nous sommes comblés. Nad a réalisé sa plus belle course et moi, j'ai vécu ma
plus belle joie en tant qu'entraineur.

dernière semaine d'octobre,
Sstage entraineur niveau 3 à Andrezieux, ce fut tout simplement une belle semaine avec
des amis animés de la même passion tournés vers les autres.
Quelques célébrités de la "coach academy" : Françoise,
Dominique, Maurin, Ludo, Jean-paul .... Gérard, dommage! je vois souvent
les bretons mais d'autres trop éloignés me manquent. C'est comme ça et tous sont loin
d'être des internautes, cela limite nos échanges, pourtant on a tellement à gagner à
s'échanger nos expériences.
A mon retour en bretagne, cela me donne pas mal d'objectifs en terme d'amélioration des séances d'enrainement mais je suis resté un coureur, pas encore devenu "pur" entraineur. On va dire 95% pour les autres, 5% pour bibi. Il me faut me remotiver pour une nouvelle saison sportive. Ma planification est complètement définie pour novembre 2005 à mai 2006, mais si vous êtes endurants et capables de lire jusqu'à la fin, vous découvrirez le calendrier.
Novembre et Décembre,
les cross, des vrais cross avec de la boue, sans les pointes c'est impossible de
grimper les bosses.
à l'entrainement, c'est sympa, j'ai Cedric et Nad de temps en temps que je prépare pour
les championnats. Cédric fait vice-champion départemental de cross court et sur la même
course Nad avec les copines du club fait championne par équipe.
Dans cette période, nous travaillons, la vma courte, les côtes, les appuis et l'allure
spécifique cross.
Janvier 2006,
le thabor sous la neige
Mes friandises :les championnats de cross, le départemental et le régional à
Fougères, j'y retrouve Stephane (steph35 sur CLM) car c'est son club qui organise. Pour
chambrer stéphane, on dira qu'il est médiocre en cross, par contre sur route ... il est
un excellent marathonien et centbornard très prometteur depuis Millau qui étaiy son
premier.
Les deux cross, je les démarre à fond, la peur de terminer dernier. En effet si
stéphane est médiocre, moi je suis archi nul. Au départemental, je me qualifie quand
même car cette année c'est plus facile (¾ des arrivants qualifiés) Au régional, je
manque de me faire prendre un tour et il ne doit pas y avoir grand monde derrière moi.
Seulement voilà, je suis allé les deux fois dans le rouge dès le départ et j'ai
galéré pour terminer. Sur les cross, même les derniers sont chaleureusement
encouragés.
Février
Sur une course qui suit le régional de cross, le 15km du canal à Rennes, je fais
illusion 11km, puis les crampes m'empêchent même de trottiner, je met presque 1 heure
pour faire les 4 derniers kilomètres. Un gars de la SNSM me prète son anorak pour que je
n'attrappe pas froid.
Au lendemain, de cette course inachevée, c'est le début du plan marathon de Cheverny.
Dans la prépa, il y a une sortie longue sympa, un trail que je cours avec Momo et Nad.
Momo prépare aussi Cheverny, Nad prépare un semi. Pour les gars c'est de l'allure
pépère, pour Nad c'est de l'allure semi.
Au passage, j'oublierais de noter qu'à l'échauffement je boite et des amis bien soucieux
de ma santé s'en étonnent. Comme je suis dur au mal, héritage de mes entrainements de
Judo, je continue à courir malgré une gêne au niveau du pied.
Anecdote, à l'écrit de l'examen d'entraineur, nous avons droit à un plan d'entrainement pour un gars qui va faire ... un 24 heures, c'est sûr que je ne pouvais pas tomber sur un plan marathon vu que j'en ai fait des ... dizaines et des dizaines rien que pour le marathon de Paris.
Mars
Début du mois, c'est pile 4 semaines avant le marathon, avec un groupe de coureurs que
j'entraine, nous allons au semi de Sargé lès Le Mans. Le monde de l'ultra est
représenté par Diogène et Hemorodrome du forum ADDM Au Delà Du Marathon. Encore des
gars très sympathiques avec lesquels le courant passe ou passera plus tard. De toutes
façons, ce monde est rempli de gens qu'il faut abolument connaître, pour leur
simplicité, pour leur sincérité, pour leur humilité, pour leur gentillesse. Après le
semi, alors que je fais le fier à raconter mes semaines d'entrainement, j'ai vraiment mal
au pied, le retour vers la voiture se fait avec des grimaces. Là, j'aurais dû arrêter.
Deux semaines après, je termine le 15km de Rennes en m'ffondrant, en pleurant, tellement
j'ai souffert.
Le lendemain, je consulte médecin et radiologue, un ami marathonien qui a lu mon compte
rendu, m'adresse un courriel pour que je l'appelle urgemment. Il est médecin isotopiste
et me fait passer une scintigraphie et son diagnostic est clair : fracture de fatigue du
métatarse 5 du pied droit.
Ce qui est clair : arrêter 6 semaines, dans mon planning, il y avait le marathon de
Cheverny à fond, le marathon de vienne en vitesse spécifique 100km puis fin mai les
100kms de vendée à Chavagne en Palliers.
Mon médecin marathonien, me conseille de ne pas aller sur cent bornes car ce n'est pas
physiologique.
Avril
départ
du marathon de Cheverny devant le château
Comme j'avais tout préparé pour une délégation de Bretons à Cheverny, c'est en
tant que coach que je suis présent. Le Week End chez El Diablo est un pur exemple de ce
qui se fait de mieux pour satisfaire les marathoniens:
- accueil comme VIP
- pasta-party avec de la nourriture de qualité (christian Hurson a tellement connu de
pasta «limite insipide » qu'il a pris des vrais pros pour des pâtes de qualité),
- enfin, je rencontre des potes CLM que je ne connaissais qu'à travers le forum,
sjaubert, erwann et des membres CLM+ADDM, alainpages, eric41, je revois patrice35
- marathon avec des ravitaillements personnels pour n'importe quel marathonien de 2h30 à
plus de 5h, c'est El Diablo lui-même qui va déposer sur les tables
En conclusion de ce marathon: Momo a fait 3h01, ancien record à 3h13. Cela m'a fait
énormément mal de voir un marathon que je devais moi-même courir, car même si le coach
a des satisfactions avec ses poulains, s'il est lui-même encore coureur, ça fait très
très mal de ne pas participer à la compétition. C'est vrai que je suis toujours
compétiteur dans l'âme, c'est sur le cross, que je retrouve, l'homme à homme, le
combat, .... comme au judo. Sur marathon, c'est plus un combat contre soi-même et sur
l'ultra ... !!!
Patience, la compétition sera de nouveau là dans quelques mois et puis, les athlètes
continuent à courir et à me faire plaisir avec des beaux chronos, résultats d'une belle
préparation, Karim à Paris, Patrick à Copenhague, Cédric a fait un très beau
championnat de Bretagne de 10km.
Mai,
Retrouvailles en famille à Vienne, à peine sorti de mon repos forcé, je participe au
marathon de Vienne, j'y rencontre Jerome et de nouveau stéphane de CLM. Ce n'a pas été
un grand moment de course à pied, mais j'ai retrouvé un équilibre, depuis trops
longtemps l'entrainement des autres m'a « éloigné de ma famille ». Babeth,
ma chère et tendre savait que j'avais une maitraisse: la course, mais c'est mon absence,
mon manque de soutien à mes enfants dans leur période de doutes qui était trop lourd.
Les deux grands ne sont pas avec nous, même s'ils sont maintenant des adultes, ils ont
besoin de leur mère et de leur père.
Nous en avons parlé, nous avons donné aux choses de la vie nos priorités. Un entraineur
doit tenir compte de l'environnement de son athlète mais il oublie souvent d'appliquer à
lui-même ce qu'il préconise.
point de détail, je passe la partie pratique de l'examen pour obtenir mon diplôme
d'entraineur niveau 3, cela se passe bien et j'en profite pour remercier encore Alain
Desnoë et Michel Le Mercier alias momo d'être là à ma séance.
Désolé, mes gars et mes filles que j'entraine, vous passez après ma progéniture !
Juin et Juillet
Quelques course courtes, le pied tient le coup, le moral est bon, j'ai du plaisir à rencontrer les copains sur le bitume ou sur les chemins de quelques trails. je me tape la bourre avec mon ami nainnain.
C'est la montée en volume, je cours tous les jours, c'est décidé, je vais aller à
Millau. Personne ne le saura trop tôt, j'ai trop peur que mon corps me dise encore une
fois d'arrêter de courir.
je ne sais plus quand je le confie à béa et à nainain, qui eux ont participé aux 100km
de vendée. Cette année Béa n'a pas renouvelé sa victoire de l'an dernier et nainnain
aurait tellement aimé me gratter sur le dernier kilo !
Pour me faire plaisir et ne pas endormir mon corps, je varie les types de séances,
footing, vma courte, vma longue, allure 10km, allure marathon et bien sûr de la Vitesse
Spécifique 100km.
Aout
vacances dans le luberon
village
perché du Luberon
À 10 semaines de l'objectif, les séances ne sont plus du tout au hasard, la vma l'allure
marathon sont juste maintenus, les séances de VS sont importantes et le volume devient
conséquent, dès que c'est possible, si le lieu s'y prète, il y a de longues sorties
avec dénivelée comparable à Millau.
Septembre
Déplacement à Montréal, j'en profite pour faire le marathon en VS, c'est du bonheur d'accompagner Mounir mon ami marocain que je n'ai vu que quelques secondes au MdP 2005, là nous courrons 42195m ensemble. Il y a même sur le net, la vidéo de notre arrivée dans le stade olympique.
dans
la stade olympique couvert
Millau, le 23 septembre, c'est enfin du concret, j'ai peu à peu annoncé autour de moi, que je le faisais. Jusqu'à Montréal, j'avais encore peur de « casser », quoiqu'il arrive maintenant, j'irais au bout. Seul un pompier, un médecin ou un secouriste pourrait m'empêcher de terminer.
De mon point de vue, ce ne fut pas un grand moment d'émotion, mais le lendemain au barbecue ADDM, ce fut un énorme moment d'amitié avec un paquet de gars et de filles que j'adore.
camping
Larribal à Millau
Vannes 2006
bon, nous y voilà, c'est la fin d'une boucle, naïvement, croyant que je n'avais pas tout donné à Millau, je croyais que j'allais faire trois semaines après un TRUC ! c'est ça, un je ne savais quoi, vu que j'ai maintenant de l'endurance, de la tenacité et un mental.
René que j'avais rencontré à Cheverny m'a invité sur le marathon où il est chargé de la communication. Au gymase, à Kercado quand j'arrive pour le retrait de mon dossard, rené est au micro et anime la salle, il me salue et m'interviewe en me présentant comme un marathonien confirmé, et je raconte un bout de ma fin de saison: et patati et patata et Vienne, et montréal et Millau et Vannes. Diogène avec son numérique immortalise la scène. Plus tard, il s'en servira pour me mettre la pression.

Avec thierry qui m'a chauffé depuis Rennes, nous laissons nos affaires dans la voiture
garée sur le parcours et nous trottinons jusqu'au rempart. Là c'est la rencontre avec
plein de monde, des gars et des filles de mon club, par exemple béa qui est meneure
d'allure, avec quelques ADDM Patate, Diogène et Manitas et Kristell qui ne fait que les
foulées du golfe et qui nous prendra en photos.
Noël(Patate) et Loïc (Diogène)
feu d'artifice, le départ est donné, Patate et Diogène se mettent à zigzaguer pour doubler, je me met à l'allure où je suis bien et au bout de plusieurs kilos, je rattrappe les compères, je ralentis pour rester à leur allure mais rapidement, c'est à dire au bout d'une heure, je sens que ça ne va pas du tout. Me connaissant, je sais que ça va être la galère. C'est décidé, je m'arrête à la fin de la première boucle. A partir du moment où j'avertis mes deux accolytes, c'est le début de l'intimidation: Diogène de dire, je t'ai pris en photo, je croyais que j'avais un cliché d'un super marathonien et tu vas abandonner ... ouais c'est ça, tu te l'as pété en disant que c'était ton 3ème marathon de Vannes, en fait tu ne le termines pas, ça ne compte pas ... et patati et patata. Même si je commençais à souffrir ses insinuations commençaient à trotter dans ma tête. Patate pendant ce temps là, faisait sa petite récup d'après Millau. Vu qu'il a fait meneur d'alllure en 11h alors qu'il vaut 9h30 c'était 3 semaines avant, une promenade quoi.
l'air de rien, nous passons par des endroits vraiment très beaux, les sentiers, Conleau, des ballades à faire tranquilement en famille, mais voilà, je suis sur un marathon et il faut courir. A Arcal, c'est toujours un moement de bonheur, tout le village est déguisé et cette année ils se sont équipés de gros bidons et tapent dessus pour encourager les marathoniens. Une jeune fille dont c'est la première course me double, elle a un dossard duo marathon, cela veut dire qu'elle ne fera que la première boucle, je lui demande quelle est la distance, réponse 19 kms, cela me va très bien. Diogène et patate me dise que j'ai accéléré pour suivre la jeunette, en effet elle est quand même plus sympa à regarder que ces deux ostrogoths. En fin de compte, les changements de rythme m'ont achevé et je n'arrive plus à suivre ni la jeuen fille ni mes ADDM. Arrivé là où kristell nous encourage, je m'arrête et lui confie que je suis complètement sur les genous.
je
suis en train de signifier à Kristell que je suis cassé, mon doigt fait non-non, je ne
continue pas !
au bout de quelques instant, un gars de l'organisation vient me signifier que je gène, alors ni une ni deux je repars et j'oublie de prendre la voie de garage.
quelle erreur, je continue ainsi et à l'approche du semi, j'ai de plus en plus de peine à tenir une foulée correcte. Passé la vielle ville où les pavés font mal, je pense à l'année dernière où je gambadais avec Nad, Christian nous avait pris en photo depuis la moto officielle.
vannes 2005, plus facile !
Alors que l'année dernière c'était coll, cette année, c'est la galère, petit
calcul mental, logiquement Béa et le groupe des 3h45 devrait arriver derrière moi.
Un kilomètre plus tard, au niveau du port, Béa me demande comment ça va, réponse :
Millau n'est pas si loin et mes jambes s'en souviennent.
elle m'encourage et me dit de m'accrocher. Pendant deux kilomètres je constate qu'elle
est vraiment comme un métronome, elle est exactement à 5'18 au kilo, normal c'est son
allure de cent bornes.
Son groupe s'éloigne quand je ralentis dans les faux plats de Vannes avant de reprendre les chemins côtiers. J'arrive peiniblement du côté des ravitaillements des jeunes agriculteurs, là c'est un réel plaisir de prendre une soupe de potiron de manger des chataignes, du fromage et même un bon morceau de boeuf. C'est quand même mieux que les gels même s'ils sont d'origine bretonne.
Manitas, nainain me doublent avant d'arriver sur le port. Manitas a même l'air de me snober, en fait il n'en est rien, il écrira plus tard sur ADDM, qu'il n'en pouvait plus. D'ailleurs sur un ravitaillement, je me met en configuration fin de Millau, c'est à dire que je ne veux plus perdre de temps et avoir mal aux jambes pour relancer. Pour tenir, je n'arrête pas de me dire, nom de D... c'est cette souffrance à laquelle je m'étais préparé à Millau et c'est sur ce marathon que j'en c... comme sur ma toute première course. Maintenant, je sais qu'il faut savoir refuser des invitations même à des amis. Après tout, on peut très bien venir avec les copains sans pour cela se retrouver "minable"
A l'arrivée, bien que complètement cassé, comme à chaque fois que je suis avec nainnain, il y a de la connivence et nous espérons tous les deux faire un truc ensemble en 2007 !
ce cliché a été pris par mon ami El
Diablo
La fête a continué au fest deiz, malgré la musique très très forte, Noël, Momo,
Thierry, Béa et Dominique ont continué à parler des histoires de marathoniens et de
centbornards.
Pour moi, qu'est-ce que ça a été dur !


Cette année, d'autres coureurs m'ont soutenu et ont beaucoup bossé à l'entrainement,
la perf n'a pas été toujour là, au bout, mais je tiens à les encourager pour
leur "endurance", pas besoin de les nommer, ils savent ...
Je fais un petit coucou amical à Françoise qui est l'entraineur de Béa et qui fait le
même boulot que moi dans le club mais elle est meilleure que moi pour s'occuper des
filles et un grand merci à Christian le boss de notre club qui est toujours pour moi
l'entraineur exemplaire.
Fin de la boucle Vannes 2005 - Vannes 2006